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Quatre mois après l'effondrement en forêt de Montmorency : quels risques face au gypse ?

L'effondrement survenu le 25 octobre en forêt de Montmorency, sur la route forestière du Milieu, a été comblé. La préfecture estime que «le risque est très limité».

Quatre mois après le fontis survenu sur la route forestière du Milieu, en forêt de Montmorency, où en est-on ? Pluisieurs affiches apposées par l’Office national des forêts (qui entretient et exploite cette forêt de 2 000 hectares pour le compte de l’État) signalent encore dans un grand périmètre autour, une zone de «danger, avec risque d’effondrement»…

Le 25 octobre dernier, veille de week-end, un trou de huit mètres de profondeur et quinze mètres de diamètre s’était formé le long de ce chemin très emprunté par les promeneurs, Vttistes et joggeurs.

«Des balises avaient été installées pour empêcher le public d’y accéder, rappelle Laurent Lucas, conseiller municipal (Lr) délégué au domaine forestier, à Saint-Leu-la-Forêt. La Ville avait également pris un arrêté pour interdire l’accès de la route, mais bien difficile à faire appliquer, malgré la présence de vigiles mis en place par l’entreprise Placoplatre». Plusieurs opérations de remblaiement ont été menées depuis.

«Le fontis a été comblé en plusieurs fois. Cela a nécessité 1 500 mètres cubes de terre», explique Laurent Lucas, pour qui tout risque est désormais écarté. «Les panneaux ont peut-être été laissés pour des questions de responsabilité, mais Placoplatre nous a certifié qu’il n’y avait plus de danger à l’endroit du fontis ni dans le périmètre autour.»

1500 mètres cubes de terre pour combler le fontis

Le 5 novembre, les collectivités locales concernées, avec les représentants de l’État, le service départemental des sapeurs-pompiers, l’ONF, etc., s’étaient retrouvés autour de la table en préfecture.

Et le directeur de cabinet du préfet, Jean-Simon Mérandat, se veut rassurant.

«La situation est sous contrôle. À ce stade, le risque est très limité. C’est la raison pour laquelle, nous n’avons pas barriéré la zone.»

Mais le site reste «sous la surveillance de la Driee (direction régionale et interdépartementale de l’environnement et l’énergie) avec des visites régulières de l’exploitant Placoplatre». Les spécialistes ont constaté «une évolution très favorable», avec un «tassement très limité».

Les élus s’étaient entendu dire lors de la réunion qu’il n’y avait pas de certitude concernant l’origine du fontis.

«On nous a alors dit, indique Laurent Lucas, qu’on ne savait pas si le fontis était survenu sur une ancienne zone d’exploitation du gypse, dans les années 70, qui aurait été mal comblée ou si on était sur une zone non exploitée. On est en limite, entre Saint-Leu et Chauvry».

Un risque «très limité» selon la préfecture

Mais aujourd’hui, les services de l’État certifient que le fontis serait dû, «selon la Driee, à une poche de dissolution du gypse, liée à l’évolution naturelle du sol, et ne serait pas imputable à l’exploitation de la carrière».

Que cela soit au final un phénomène naturel, relativement rare, ou bien la conséquence de l’exploitation ancienne d’une carrière, le sujet reste sensible.

Il sera évoqué dans quelques semaines lors de la réunion de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites, «qui pourra prescrire la réalisation d’études sur le périmètre des carrières afin d’appréhender les risques inhérents à la présence de gypse sur un périmètre plus large», précise Jean-Simon Mérandat. Des études qui seraient alors menées par les carriers, selon le directeur de cabinet.

Si le risque semble écarté pour les promeneurs, en revanche, les engins de chantier et autres camions qui viennent prendre le bois de coupe restent interdits sur la route du Milieu.

Gilles Bouchet, directeur des carrières à Placoplatre : «On ne peut envisager d’investiguer à l’échelle du massif»

«Nous n’avons pas d’exploitation sur ce secteur. Et le plus proche que nous exploitons a été remblayé dans les années 90», explique Gilles Bouchet, directeur du développement des carrières à Placoplatre.

Concernant l’éventualité d’une étude géologique sur le massif forestier, il juge l’affaire«extrêmement complexe». «On exploite où le gypse est sain. Les zones où le gypse se dissout de façon naturelle, comme ce qui s’est passé fin octobre en forêt, montre qu’il n’est pas de bonne qualité. Il y a des zones dans cette forêt qui n’ont jamais été exploitées, où la nature a repris ses droits. Il faudrait faire appel à des spécialistes des cavités naturelles. Mais on ne peut envisager d’investiguer à l’échelle du massif. Un sondage n’a pas de sens à l’échelle de tout un massif.»

Jugeant les éventuelle inquiétudes «légtimes», Gilles Bouchet estime qu’il ne faut pas, par ailleurs, «confondre les anomalies» constatées ça et là sur le massif avec des fontis.

Laurent Lucas, élu de Saint-Leu : «Notre priorité est la sécurité»

«Si le risque sur la zone est écarté, explique Laurent Lucasconseiller municipal (Lr) délégué au domaine forestier, à Saint-Leu-la-Forêt, il n’en reste pas moins qu’on peut voir en forêt, que je fréquente quand je vais courir ou faire du Vtt, des traces d’effondrement, où la nature a repris ses droits. Certes, pas aussi profondes que ce fontis survenu en octobre Cela va de 50 cm à 2 m. Mais on doit savoir s’il y a d’autres zones à risque sur cette forêt, qui est fréquentée par cinq millions de personnes chaque année. Notre priorité, c’est la sécurité des personnes. On n’a pas envie qu’il y ait un accident».

L’élu demande donc la réalisation d’une étude géologique puis sa communication à l’ensemble des communes du massif (Béthemont, Bouffémont, Domont, Saint-Leu, Saint-Prix, Taverny, Bessancourt, Montlignon).

D’autres effondrements dans le département

Le gypse, qui sert à la fabrication du plâtre, se dissout avec l’eau. Conséquence : la constitution de vides dans le sous-sol qui peut provoquer des effondrements en surface : des fontis. L’ensemble du sous-sol de la région contient du gypse. Et en particulier le Val-d’Oise, où des entreprises (la principale étant Placoplatre) exploitent des gisements très importants, parmi les plus gros du pays, voire d’Europe, à ciel ouvert à Cormeilles-en-Parisis et en souterrain à Baillet-en-France (forêt de Montmorency).

L’exploitation de ce minerai, à la base de toute l’industrie du bâtiment, est «d’intérêt national» pour l’État. Le gypse a été à l’origine de plusieurs effondrements ces dernières années.

En 2012, c’est en plusieurs endroits de la chaussée, sur la très fréquentée Rd392, à La Frette et Cormeilles, que des affaissements sont survenus. Au cimetière de Sannois, en 2014, un effondrement avait enseveli plusieurs tombes. Ce fontis était dû, en revanche, à d’anciennes carrières de la seconde moitié du XIXe siècle, moins bien remblayées qu’aujourd’hui.

Le phénomène est connu : les vides laissés par l’extraction de la pierre, même à plus de 50 mètres, peuvent provoquer une cassure souterraine au bout d’un temps plus ou moins long, et un affaissement de surface par effet mécanique. À Sannois, les travaux de comblement avaient coûté plus d’un million d’euros.

Source : Gazette du Val d'Oise

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