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En attendant la décision du conseil constitutionnel...


Depuis des semaines, la France s’enfonce dans une crise politique et sociale sur fond de situation économique alarmante. La faute en incombe en premier lieu au président qui s’obstine dans son mépris du peuple. Celui-là même qui, trois ans auparavant, expliquait doctement aux Français qu’il serait absurde de repousser l’âge de départ à la retraite, nous assène avec aplomb aujourd’hui le contraire. Bonimenteur s’il en est, Emmanuel Macron a prouvé une fois de plus (trop ?) qu’il n’a aucune ligne politique.

La faute en incombe aussi à l’extrême gauche qui, cachée derrière une stratégie inouïe d’hystérisation des débats et de blocage irresponsable du travail parlementaire, a tout fait pour éviter que le texte sur les retraites puisse être débattu intégralement à l'Assemblée nationale – il est vrai que ce blocage de l’extrême gauche était l’autre face du passage en force gouvernemental (qui a utilisé tous les artifices constitutionnels pour empêcher, lui aussi, un débat de fond). La complexité du sujet aurait dû exclure la précipitation.

Pour ma part, j’ai voté contre la réforme des retraites – Je continue à croire qu’entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, la droite avait un boulevard en soutenant ses valeurs de défense du travail, de liberté et de préférence nationale ; sans oublier la nécessité de plus en plus criante de passer enfin à l’action dans la lutte contre l’assistanat et contre les fraudes documentaires et sociales.


« Cette réforme des retraites a été conçue à l’envers »


Elle aurait dû intervenir après la loi Travail, Formation et Insertion professionnelle que l’on nous annonce pour cet été. Il n’y a en effet aucun intérêt à repousser l’âge de départ à la retraite, si plus de la moitié des intéressés sont au chômage. J’ajoute que nous avons toujours plus de 5 millions de chômeurs et que la vraie question est celle de la création de richesse ! Comment redevenir une puissance industrielle de premier plan ? Par ailleurs, on ne peut pas sérieusement réclamer aux Français qui travaillent, de faire davantage d’efforts si l’État siphonne le fruit de leurs efforts. Toujours plus d’impôts, de cotisations et des services publics qui se dégradent sans cesse. C’est la réforme de l’État qu’il faut engager d’urgence

« Une réforme de droite aurait été une réforme de liberté »

Rien ne justifie cet absurde attachement exclusif à l’âge de départ à la retraite quand ce qui compte est évidemment le nombre de trimestres cotisés. La loi Touraine impose 43 annuités. Pourquoi diable ajouter ce fétichisme de l’âge quand un simple système de décote en cas de départ anticipé ou de surcote en cas de départ repoussé aurait pu simplifier la réforme et satisfaire le plus grand nombre ? Toujours dans cette optique de liberté, pourquoi donc détruire ce qui fonctionne et qui ne coûte rien à l’État comme la caisse des clercs de notaire ? Quelle est la logique de cet égalitarisme fanatique ? Comme tout homme de droite, comme tout élu responsable, je considère qu’il faut travailler collectivement davantage pour tenir notre rang dans la compétition mondiale. Il faut dire la vérité : non il n’y a pas d’urgence budgétaire, le Conseil d’Orientation des Retraites l’a écrit et confirmé, cependant, évidemment se pose la question de la compétitivité du pays qui s’enfonce dans des déficits gravissimes.

« Une réforme de droite aurait été une réforme nataliste »

Inutile d’insister sur le fait que la capitalisation – phobie de la gauche – a été, une nouvelle fois, « oubliée ». Tout comme l’a été la question de la natalité. En effet, une réforme de droite aurait aussi été une réforme nataliste : la vraie façon de préparer durablement les retraites est d’engendrer et d’éduquer des enfants. Mais ce gouvernement ouvertement antifamille est incapable de voir où réside l’essentiel de l’investissement pour les retraites futures. Au lieu de cela, les mères de famille sont les principales victimes de cette réforme. Quant à la question des fraudes sociales, celle-ci a tout simplement été jetée aux oubliettes. Officiellement, la réforme des retraites était censée nous faire réaliser 13 milliards d’euros d’économie ; ce sera en réalité au moins moitié moins si l’on intègre le double fait que, pour apaiser certaines corporations, l’État a généreusement distribué les milliards qu’il n’avait pas et que plus de la moitié des nouveaux travailleurs « produits » par cette réforme seront, en réalité, des chômeurs ! Mais pourquoi diable ignorer une fraude sociale si facile à combattre et qui coûte chaque année au bas mot 30 milliards d’euros ?

« Une réforme qui ne sert à rien financièrement »

En voulant à tout prix se plier aux injonctions européennes, Emmanuel Macron aura réussi le tour de force de faire une réforme qui ne sert à rien financièrement. Son intransigeance conduit le pays dans une impasse sociale et aggrave le sentiment de déni démocratique à travers les passages en force répétés et inédits tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat. Au point que désormais même les institutions de la Ve République pourraient tomber avec cette « majorité » tellement inconsistante et ce président si déconnecté. Notre malheureux pays subit un Emmanuel Macron qui fait la couverture de Pif magazine, une ministre qui pose dans Playboy, un ministre de la Justice - mis en examen ! - qui fait des bras d’honneur aux députés, un ministre de l’Intérieur aussi inefficace que bavard, un ministre des Finances champion du monde des déficits, un porte-parole dont le surnom approprié est Pinocchio, un ministre de l’Éducation adepte du wokisme… ils sont 42 presque tous aussi mauvais les uns que les autres. Le comportement de certains députés à l'Assemblée nationale fait honte à notre tradition parlementaire, et au Sénat la majorité sénatoriale n’a pas osé dire stop à l’hubris jupitérien, je le regrette. Les Français veulent qu'on leur parle de leur pays, de leur pouvoir d’achat, du logement, de transport, de la lutte contre l’insécurité, de l’école et de la santé. Ils veulent sortir de l’impuissance publique et cultiver le bon sens, le courage tout en ayant le sentiment d’être reconnu comme citoyen. Pour toutes ces raisons j’ai voté contre cette réforme des retraites et je continuerai de me battre au service du bien commun. Avec tout mon dévouement, Sébastien Meurant



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