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Lutte contre les violences à l'encontre des forces de l'ordre

Question d'actualité au gouvernement posée le 15/10/2020 par Sébastien Meurant à M. Jean Castex - Premier ministre



M. Sébastien Meurant. Monsieur le Premier ministre, la France subit une vague sans précédent de violences brutales et barbares : un commissariat attaqué à Champigny-sur-Marne, quatre policiers en civil attaqués, hier, en plein jour et à proximité d'une école maternelle, à Montbéliard ; cette nuit, à Savigny-sur-Orge, dans mon département du Val-d'Oise, deux policiers se sont fait tirer dessus par des individus qui, selon des avocats, les auraient « pris pour des gitans déguisés en flics »… Admirable et tragique illustration du fameux vivre-ensemble !


Pendant ce temps, au lieu d'agir, vos ministres s'empêtrent dans des querelles aussi irréelles que celles des théologiens de Byzance quand les Ottomans étaient aux portes de la ville : le ministre de l'intérieur parle d'ensauvagement, tandis que le garde des sceaux dénonce cette rhétorique qui ferait le jeu de l'extrême droite. (Mme Patricia Schillinger s'exclame.)


Le b.a.-ba d'une politique efficace dans tous les domaines, c'est de poser un diagnostic clair et partagé par tous. Nous en sommes très loin… Même vos ministres les plus importants ne sont pas d'accord entre eux !


Ainsi, le garde des sceaux recycle la vieille idée socialiste du sentiment d'insécurité, évoquant même un fantasme : il ne doit pas beaucoup sortir des beaux arrondissements de Paris…


La réalité, monsieur le Premier ministre, c'est que, avec ce jeu de rôle convenu entre justice et intérieur, votre Gouvernement se paie de mots et refuse de regarder la réalité en face, avec courage et bon sens. Vous refusez plus encore d'agir par peur panique de remettre en cause votre idéologie multiculturaliste. Or, en politique, seuls comptent les actes !


Souvenez-vous de Gérard Collomb s'inquiétant de la montée de ce que l'on appelait alors le communautarisme : « Aujourd'hui, disait-il, on vit côte à côte, mais, demain, je crains que l'on ne vive face à face. » Depuis lors, rien n'a changé, ou plutôt, tout s'est aggravé.


Monsieur le Premier ministre, quel diagnostic votre gouvernement porte-t-il sur l'ensauvagement de la France et sur ses causes, et que comptez-vous faire pour rétablir la paix civile et la concorde ? (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)


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Réponse du Ministère auprès du ministre de l'intérieur - Citoyenneté


Monsieur le sénateur Sébastien Meurant, le ministre de l'intérieur, M. Darmanin, aurait souhaité pouvoir vous répondre, mais il est en ce moment même à Juvisy, dans l'Essonne, pour apporter son plein soutien aux collègues du policier qui a été terriblement renversé et dont l'état est très critique. Je vous répondrai donc au nom du ministère de l'intérieur.

Depuis le début de l'année, 8 724 policiers ont été blessés, une grande partie au cours de leur mission. En zone de gendarmerie, on dénombre une agression toutes les deux heures. Au moment de la rentrée scolaire, nous avons rencontré des enfants qui nous ont expliqué que, à l'école, ils n'osent pas dire que leur père est policier, par peur d'être agressés… Voilà la réalité. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)

Face à cette réalité, le Gouvernement agit – non pas dans l'idéologie, mais dans le concret. Ainsi, 325 millions d'euros supplémentaires sont alloués au budget de la police dans le cadre du projet de loi de finances et du plan de relance. Pour le matériel, ce sont 15 millions d'euros supplémentaires et, pour le parc automobile, 125 millions d'euros supplémentaires qu'a obtenus Gérald Darmanin.


Par ailleurs, 740 millions d'euros sont mobilisés à travers l'appel à projets du plan de relance pour rénover les commissariats et les gendarmeries.


M. François Bonhomme. Avec quels résultats !


Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée. Demain, le Président de la République échangera lui-même avec les syndicats de policiers, que le ministre de l'intérieur, Gérald Darmanin, a déjà reçus.


Mme Dominique Estrosi Sassone. Et alors ?


Mme Marlène Schiappa, ministre déléguée. Nous ne faisons pas d'idéologie : nous sommes dans l'action, dans l'action concrète et résolue. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)

Très simplement, au nom du gouvernement de Jean Castex, je souhaite rappeler que les forces de l'ordre sauvent des vies tous les jours : ce sont la police de la République et l'ordre républicain qui nous protègent de la loi des clans.

À tous les policiers, tous les gendarmes et tous les pompiers, je veux dire que le Gouvernement est avec eux ! (M. François Patriat applaudit. – Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.)


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Réplique


Madame le ministre, vous parlez budgets, mais c'est d'abord une question d'état d'esprit… Il faut réarmer, dans tous les sens du terme, nos forces de l'ordre !


Nous en avons assez des hommages verbaux, alors que la suspicion pèse en permanence sur les forces de l'ordre ; assez de l'impunité devenue la règle pour les voyous ; assez du relativisme général qui interdirait d'appeler un délinquant un délinquant. La peur doit changer de camp ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)

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