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La France du rationnement



« Carburants, il n’y a pas de pénurie » osait le 5 octobre le bonimenteur O. Véran. Si gouverner c’est prévoir, ce gouvernement, décidément, n’y arrive pas!


Depuis plusieurs jours, la France connaît une grave pénurie d’essence. Cette crise illustre l’extrême fragilité de notre société. Quelques centaines de personnes peuvent, en toute impunité, paralyser en quelques jours le pays. Cette crise illustre notre dépendance aux énergies fossiles. La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées disait-on naguère.


Aujourd’hui la France n’a toujours pas de pétrole et les éléments de langage ont remplacé les idées chez la plupart de nos gouvernants. Comme toujours, quand un problème arrive, on le met sur le compte de la crise internationale du moment : naguère, tout était dû au covid ; aujourd’hui, tout est de la faute de Poutine !


La réalité, c’est que nous payons des décennies de choix politiques catastrophiques.

D’abord, nous payons le fait d’avoir laissé proliférer dans le pays une « gréviculture » profondément néfaste au pays et aux Français : est-il normal que des salariés qui ne sont pas franchement les plus à plaindre du pays lancent un blocage des raffineries avant même d’avoir discuté avec leur direction ?


Nous payons aussi le fait d’avoir laissé proliférer une culture économique et sociale d’extrême gauche : au lieu de se réjouir d’avoir des champions français dans le secteur de l’énergie – et de les soutenir par tous les moyens comme le font tous les pays développés –, tous les médias s’indignent des « super-profits ». Comme si les succès de Total dans le monde étaient une mauvaise nouvelle !


Par ailleurs, nous avons, au cours des dernières décennies, méthodiquement détruit notre filière énergétique au sens large. Du démantèlement d’EDF au bradage d’Alstom, de la fermeture de Fessenheim au fiasco de Super-Phénix ou à l’effondrement d’Areva, il s’agit de décisions politiques – prises soit au nom d’intérêts anti-nationaux, soit par des technocrates à courte vue.


Le gouvernement annonce son intention de réquisitionner les grévistes pour relancer les raffineries. C’est une bonne nouvelle. Mais elle arrive bien tard (désormais la réquisition va mécaniquement exaspérer les grévistes et donc durcir encore le pseudo « dialogue social »). Et, surtout, elle arrive sans qu’une stratégie d’ensemble ne soit dessinée.


Les contours de cette stratégie ne seraient pourtant pas difficiles à tracer : cette stratégie a déjà existé dans les années de l’après-guerre et jusqu’au début des années 1980.


Indépendance nationale et notamment relance de notre filière nucléaire, comme de notre filière hydroélectrique (toutes deux ravagées par les écolos pastèque) ; respect des libertés (et notamment de la liberté d’aller et venir, piétinée allègrement par les syndicats comme par la Macronie – spécialement quand il s’agit de ces « gueux » de la France périphérique) ; sortie du carcan européen qui nous impose de payer pour les décisions idiotes de Mme Merkel.


Les principes sont clairs. Hélas, il est peu probable que M. Macron soit l’homme de la situation, lui qui porte une si écrasante responsabilité dans le fiasco actuel.

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